Le Groupe d’Etude de la Fertilité en France (GEFF) vous informe

Le Groupe d’Étude de la Fertilité en France (GEFF), association régie par la loi 1901 fondée en 1991, est né de la volonté de répondre à une demande croissante de recherche et d’échanges scientifiques dans le domaine de la médecine de la reproduction. Depuis plus de trente ans, le GEFF s’est imposé comme l’association de référence pour les cliniciens impliqués dans l’assistance médicale à la procréation, en représentant ses membres auprès des instances professionnelles et en participant activement aux travaux de la fédération française d’étude de la reproduction (FFER) et l’Agence de la Biomédecine, notamment au sein de ses groupes de travail et de son conseil médical et scientifique.

Dans une démarche d’ouverture et de dialogue avec les patients, le GEFF développe également des collaborations avec des initiatives portées par les usagers. À ce titre, l’association contribue aux travaux du magazine Paillettes, premier périodique conçu par des patients et destiné aux patients engagés dans un parcours d’assistance médicale à la procréation. 

Le GEFF s’attache à porter une voix forte et unifiée des médecins de la reproduction (quel que soit leur secteur d’activité) auprès des pouvoirs publics et à favoriser le partage des connaissances au sein de la communauté scientifique. Au-delà de sa participation à l’organisation annuelle du congrès de la FFER, l’association organise régulièrement des webinars ainsi que des journées thématiques en collaboration avec les partenaires de la FFER dont il est co-fondateur.

Fidèle à sa mission de promotion de la recherche clinique et de la formation des nouvelles générations de spécialistes, le GEFF ouvre désormais la possibilité d’une inscription gratuite à tous les internes de la spécialité, afin de faciliter leur intégration dans la communauté scientifique et de soutenir leur engagement dans la discipline.

Chaque membre doit pouvoir se reconnaître dans cette association et, s’il le souhaite, participer aux projets et aux décisions qui concernent l’avenir de notre spécialité. À travers son site internet www.geffprocreation.fr, vous pouvez consulter l’actualité relative à la loi de bioéthique, les réunions scientifiques et congrès nationaux, les programmes des journées thématiques et celles co-organisées par le GEFF, ainsi que renouveler votre adhésion et mettre à jour vos coordonnées afin de rester en contact avec notre communauté.

Chadi Yazbeck

Président du GEFF

Thermoablation des fibromes utérins par radiofréquence transvaginale

La radiofréquence repose sur l’application d’un courant alternatif de haute fréquence induisant un échauffement tissulaire contrôlé (≈ 100–110 °C) responsable d’une coagulation protéique et d’une nécrose thermique du fibrome, tout en préservant les tissus adjacents. La procédure est réalisée au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou rachianesthésie, le plus souvent en ambulatoire.

Le dispositif MYOBLATE® (Kebomed) utilise une électrode monopolaire introduite par voie transvaginale sous guidage échographique endovaginal. La pointe active génère une sphère de traitement d’environ 1 cm de diamètre. Le fibrome est traité de façon tridimensionnelle, de proche en proche, jusqu’à obtention d’une couverture complète du volume cible. La durée d’intervention varie de 10 à 30 minutes selon la taille et le nombre de lésions.

Indications principales :

  • Fibromes FIGO 2 à 5 (principalement 2–4).
  • Nombre idéal : 1 à 3 fibromes (pas de limite formelle).
  • Taille optimale : 3 à 6 cm (faisable au-delà selon l’expertise).

La courbe d’apprentissage est relativement rapide pour les opérateurs habitués aux gestes échoguidés (type ponction ovocytaire), malgré des spécificités techniques propres à la méthode.

Les suites sont généralement simples, peu douloureuses (antalgiques palier 1). Les complications sont rares et essentiellement liées au risque théorique de lésions d’organes de voisinage.

Résultats attendus :

  • Réduction volumique progressive d’environ 50 % à 6 mois, se poursuivant jusqu’à 12 mois.
  • Amélioration ou disparition des symptômes dans environ 80 % des cas.
  • Taux de réintervention de 10–15 % à 3 ans.

En cas de désir de grossesse :

  • Absence de synéchies rapportée dans la littérature.
  • Discussion d’une hystéroscopie de contrôle en cas de traitement avec composante transcavitaire.
  • Pas d’augmentation démontrée des complications obstétricales à ce jour, mais nécessité d’un suivi prospectif (intérêt d’un registre national).

La présentation de la technique par PrPEB s’est appuyée sur des vidéos opératoires illustrant des applications concrètes, suivies d’une discussion avec l’audience, très intéressée par cette technique en plein essor en France. De nombreuses questions ont été posées, tant sur les indications que sur la faisabilité L’adressage des patientes et les perspectives de développement. D’ailleurs, plusieurs membres ont depuis mis en place cette technique dans leur centre.

Dysbiose et infertilité

Le microbiote est devenu un déterminant majeur de la physiopathologie humaine. Le contraste génétique entre le génome humain (~20 000 gènes) et le microbiome (≈46 millions de gènes), hautement variable et largement individualisé, soutient l’hypothèse d’un impact phénotypique important. En gynécologie, de nombreuses associations sont discutées, notamment dans les domaines inflammatoires et reproductifs.

Le microbiote vaginal se caractérise par une faible diversité et une dominance fréquente par des Lactobacillus, considérée comme eubiotique. Les lactobacilles protègent l’écosystème vaginal par la production d’acide lactique, de composés antimicrobiens (dont H2O2), l’exclusion compétitive et une immunomodulation probable. Leur abondance dépend étroitement de l’estradiol, via le glycogène épithélial, expliquant des variations avec la puberté, la grossesse, le cycle menstruel et la ménopause. Le microbiote est dynamique et sensible à l’environnement : menstruations, hygiène intime, contraception hormonale, activité sexuelle, tabac, alcool, obésité et stress.

La classification en « community state types » (CST) (Ravel, 2011) distingue des états dominés par une seule espèce de lactobacille (CST I : Lactobacillus crispatus ; CST II : L. gasseri ; CST III : L. iners ; CST V : L. jensenii) et un état à diversité élevée non dominé par les lactobacilles (CST IV), correspondant à une dysbiose. La distribution des CST varie selon l’ethnie. Sur le plan fonctionnel, L. crispatus apparaît le plus favorable (production d’acide lactique L et D, pH plus bas, H2O2), tandis que L. iners semble moins protecteur et plus instable, avec une transition plus facile vers des profils dysbiotiques.

Des données observationnelles et des synthèses suggèrent une association entre dysbiose/vaginose et augmentation du risque de fausse couche précoce (Haarh et al, 2018), sans démonstration définitive de causalité. Un mécanisme proposé implique le microbiote endométrial, de faible biomasse, difficile à définir comme « normal », et seulement partiellement corrélé au microbiote vaginal car modulé par des facteurs hormonaux, immunitaires et anatomiques. Des études rapportent une moindre proportion de lactobacilles endométriaux chez les patientes avec échecs d’implantation ou pertes gestationnelles (Moreno, 2016). La dysbiose endométriale pourrait favoriser une inflammation (infiltration plasmocytaire, cytokines pro-inflammatoires) évoquant une endométrite chronique, associée aux fausses couches à répétition (Bouet et al, 2016). Une approche expérimentale renforce l’argument biologique : la transplantation de sécrétions vaginales de patientes présentant vaginose ou endométrite chronique induit chez le rat une inflammation utérine et des lésions compatibles (Wang et al, 2021).

Sur le plan thérapeutique, un traitement antibiotique systématique de la dysbiose vaginale n’a pas démontré d’amélioration robuste des résultats en FIV/ICSI ou TEC. En revanche, la prise en charge de l’endométrite chronique paraît mieux étayée (Kitaya et al, 2017), et la guérison est associée à de meilleurs taux d’implantation et de naissance vivante (Cheng et al, 2022). Les probiotiques vaginaux ne majorent pas clairement les taux de grossesse, mais pourraient réduire les fausses couches (Thanaboonyawat et al, 2023). Des essais contrôlés, idéalement en contrôlant l’aneuploïdie embryonnaire, restent nécessaires pour préciser l’effet propre du microbiote et l’efficacité réelle des interventions.

Infertilité masculine : place des traitements médicamenteux

Une cause masculine est retrouvée dans 30 à 50 % des cas d’infertilité du couple ce qui rend indispensable l’évaluation de l’homme dans le cadre d’un projet de conception ;

En complément de l’optimisation de l’hygiène de vie, il existe différentes options thérapeutiques possibles.

La prise d’antioxydante (Vitamines E/C, Carnitines, CoQ10, Zinc) classiquement proposée en première intention tend à améliorer les taux de grossesses cliniques malgré un faible niveau de preuve (pas de différence statistiquement signicative entre les groupes avec et sans traitement).

En cas d’infection des glandes accessoires (IGAM) dont les critères sont clairement définis, la prise d’antibiotiques est utile afin d’améliorer les paramètres spermatiques.

La stimulation hormonale (par gonadotrophines ou modulateurs de sélectifs des récepteurs) a une place croissante et nécessite une prescription personnalisée en fonction du profil hormonal et après avoir éliminé les autres causes d’infertilité (en particulier varicocèle). Les récents critères d’APHRODITE permettent de faciliter la prescription via une catégorisation des groupes de patients et des gonadotrophines à privilégier. Ces traitements ont prouvé leur efficacité pour optimiser la spermatogenèse et les chances de succès de grossesses naturelles ou médicalement assistées et parfois pour éviter un prélèvement testiculaire. Enfin, l’utilisation de l’application mobile Seedly s’inscrit comme un levier moderne pour améliorer l’observance du patient et sécuriser la surveillance rigoureuse nécessaire des hommes infertiles.

SOPK : plaidoyer pour une prise en charge holistique

La prise en charge de l’infertilité liée au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) doit s’inscrire dans une approche holistique intégrant les dimensions métaboliques, reproductives, psychologiques et socioculturelles de la patiente. Le SOPK est une pathologie multifactorielle ancienne et hétérogène, caractérisée par des phénotypes variés et une physiopathologie complexe associant hyperandrogénie et insulino-résistance. Il n’y a pas un, des mais SOPK. Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam actualisés (2 critères sur 3 : oligoanovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, OPK échographique et/ou AMH élevée, après exclusion des diagnostics différentiels). L’insulino-résistance, présente chez 50 à 70 % des patientes, constitue un facteur aggravant majeur de l’anovulation et de l’infertilité, justifiant un dépistage systématique par un test HGPO 75g et une prise en charge active. Les mesures hygiéno-diététiques représentent la première ligne thérapeutique. La metformine n’a pas d’indication comme inducteur d’ovulation, ni comme traitement amaigrissant, mais peut être utilisée en cas d’anomalies glucidiques ou d’insulino-résistance associée à un IMC > 25. En assistance médicale à la procréation, les stratégies actuelles permettent de limiter le risque d’OHSS grâce au déclenchement par les agonistes de la GnRH et la congélation totale, avec des protocoles antagonistes ou PPOS.  L’utilisation des GLP1 amélioreraient les taux de grossesse naturelle. En dehors de la fertilité, l’évaluation endométriale est recommandée en cas de troubles menstruels sévères ; le risque métabolique persiste voire devient plus manifeste au cours de la seconde partie de la vie ; enfin, le SOPK a un impact psychosocial et sexuel significatif. Il est donc important de proposer un accompagnement global au long cours.

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